Dans le secteur du nettoyage et de la propreté, on pourrait croire que tout est une question de balais et de chiffons. Mais ne nous y trompons pas : derrière chaque vitre sans trace et chaque sol impeccable, il y a des femmes et des hommes compétents… ou pas. Et c’est justement là que le bât blesse.

Aujourd’hui, les entreprises de propreté font face à plusieurs défis de taille :

  • Un turnover élevé : difficile de fidéliser quand les conditions de travail sont exigeantes et que la reconnaissance manque.

  • Des exigences clients de plus en plus pointues : fini le temps où on passait un coup de serpillère et ça suffisait. Désormais, on parle de protocoles sanitaires stricts, de normes qualité et même d’innovation technologique (robotisation, produits éco-responsables, etc.).

  • Une image à professionnaliser : souvent perçu comme un secteur peu qualifié, le nettoyage souffre d’un déficit de reconnaissance alors qu’il exige rigueur, autonomie et savoir-faire.

➡️ Alors, comment relever ces défis ? Par une évaluation régulière et structurée des compétences, qui ne soit pas juste un “entretien annuel obligatoire”, mais un vrai levier de motivation, de montée en compétences et de qualité de service.

Car évaluer, c’est reconnaître, développer et anticiper. C’est s’assurer que les équipes sont alignées sur les attentes des clients, qu’elles maîtrisent les bons gestes et qu’elles sont prêtes à évoluer dans un métier en constante mutation.

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Définition et enjeux spécifiques

L’évaluation des compétences, c’est un peu comme faire l’état des lieux d’une pièce : on vérifie ce qui est présent, ce qui fonctionne bien et ce qui mériterait un petit coup de neuf. En RH, c’est la même chose : il s’agit d’analyser les savoir-faire (techniques), les savoir-être (comportementaux) et les savoir-faire relationnels des collaborateurs pour déterminer leurs forces et leurs axes de progrès.

Mais dans le secteur du nettoyage, cette évaluation prend une couleur particulière :

  • Objectifs concrets : assurer des prestations conformes aux cahiers des charges, garantir la sécurité et l’hygiène des lieux, respecter les délais d’intervention.

  • Conformité réglementaire : respect des normes HACCP dans les milieux sensibles (santé, agroalimentaire), manipulation de produits chimiques, gestes et postures pour prévenir les troubles musculo-squelettiques.

  • Satisfaction client : la propreté est un métier invisible… jusqu’au moment où elle n’est pas faite. Un collaborateur mal formé, et c’est tout le contrat qui est remis en question.

  • Image professionnelle du secteur : valoriser les agents de propreté passe aussi par la reconnaissance de leurs compétences.

Exemple : un agent de nettoyage intervenant dans un centre hospitalier n’a pas les mêmes compétences à évaluer qu’un agent affecté à l’entretien de bureaux. Dans le premier cas, on vérifiera ses connaissances des protocoles d’asepsie, dans le second sa capacité à intervenir en autonomie sans perturber les occupants.

Les objectifs de l’évaluation des compétences dans le secteur de la propreté

  • Diagnostiquer les compétences acquises et celles à développer.

  • Orienter les plans de formation (et éviter d’envoyer tout le monde à la même formation PowerPoint…).

  • Garantir une qualité de service homogène et conforme aux engagements contractuels.

  • Impliquer les salariés dans leur progression et valoriser leur métier.

Lien utile : Fédération des Entreprises de Propreté – Guide de l’entretien professionnel : https://www.monde-proprete.com/entretien-professionnel

Méthodes et outils d’évaluation adaptés au secteur

L’évaluation des compétences, lorsqu’elle est bien pensée, devient un puissant levier d’amélioration continue dans les entreprises de propreté. Il ne s’agit pas de cocher des cases, mais bien de comprendre comment chaque collaborateur contribue à la qualité du service, et comment il peut progresser dans son métier. Le secteur du nettoyage exige des approches pratiques, simples et applicables sur le terrain, bien loin des modèles RH théoriques parfois trop éloignés du quotidien opérationnel.

Des méthodes d’évaluation ancrées dans la réalité opérationnelle

Dans un métier où la qualité est avant tout visible et mesurable, l’évaluation passe nécessairement par des méthodes concrètes et applicables au plus près des interventions.

L’observation directe sur le terrain

C’est sans doute l’outil le plus efficace et le plus sous-estimé. En observant un agent réaliser une prestation, le manager ou le chef d’équipe peut évaluer :

  • La maîtrise technique des outils et produits (utilisation correcte d’une autolaveuse, choix des produits adaptés aux surfaces, respect des dilutions).

  • L’application des règles de sécurité et d’hygiène, essentielles dans les secteurs sensibles comme la santé ou l’agroalimentaire.

  • La gestion de son temps et de son organisation, deux critères souvent négligés mais cruciaux dans un métier où les plannings sont serrés.

Contrairement à un simple contrôle qualité, cette observation vise à comprendre les compétences mobilisées, et pas seulement à constater un résultat.

L’entretien professionnel : bien plus qu’une formalité légale

Obligatoire tous les deux ans en France, l’entretien professionnel est souvent perçu comme une corvée administrative. Mais dans le secteur du nettoyage, il représente une opportunité précieuse de dialoguer avec des salariés souvent isolés dans leur mission.

C’est l’occasion de :

  • Faire le point sur les missions et les évolutions des dernières années.

  • Identifier les aspirations du salarié (certains souhaitent devenir chef d’équipe, d’autres se former sur des techniques plus spécialisées).

  • Repérer des difficultés terrain que la hiérarchie n’aurait pas vues.

Les mises en situation et exercices pratiques

Là encore, on reste dans le concret. Simuler un nettoyage après un chantier ou dans une zone sensible permet d’évaluer si les consignes sont comprises et appliquées. C’est l’équivalent d’un crash test, mais sans les dégâts.

Auto-évaluation et feedback croisé : responsabiliser les équipes

Bien que moins courante dans ce secteur, l’auto-évaluation peut encourager le salarié à prendre du recul sur sa pratique. Couplée à un retour du client ou des collègues (feedback à 360°), elle favorise une approche plus collaborative de l’évaluation.

Des outils simples, mais efficaces

Si les grandes entreprises du secteur commencent à investir dans des logiciels RH, la majorité des TPE et PME privilégient encore des outils simples et pratiques.

Les grilles d’évaluation adaptées au secteur

La Fédération des Entreprises de Propreté propose des modèles sectoriels, adaptables selon les postes et les environnements d’intervention (tertiaire, industriel, hospitalier…).

Ces grilles permettent d’évaluer :

  • La technicité : respect des procédures, qualité d’exécution.

  • Les comportements professionnels : ponctualité, présentation, communication avec le client.

  • La sécurité : respect des EPI, prévention des risques.

Les logiciels d’évaluation et de gestion RH

Des outils comme 360Learning ou d’autres LMS (Learning Management System) facilitent la digitalisation du suivi des compétences, notamment pour les grandes structures qui forment plusieurs centaines d’agents par an. Ces solutions permettent de :

  • Planifier les évaluations.

  • Centraliser les résultats.

  • Suivre les parcours de formation et les progrès.

Intégrer l’évaluation des compétences dans la gestion des ressources humaines

Beaucoup d’entreprises de propreté abordent l’évaluation des compétences comme un acte isolé, déconnecté du reste de la vie RH. Pourtant, elle devrait être au cœur du management et de la gestion des ressources humaines, car elle impacte directement la qualité des prestations, la motivation des équipes et la performance économique.

L’entretien professionnel, pierre angulaire d’une politique RH durable

L’entretien professionnel ne doit pas être vu comme un simple “check-point” pour être conforme à la loi, mais comme un outil stratégique de dialogue et d’évolution professionnelle. C’est le moment où le salarié peut exprimer :

  • Ses difficultés sur le terrain, souvent liées à des problématiques d’organisation ou de matériel.

  • Ses envies de progression, que ce soit vers un poste d’encadrant ou vers une spécialisation technique (nettoyage industriel, traitement des sols…).

  • Ses besoins en formation, pour être plus efficace et épanoui dans son métier.

Trop souvent, cet entretien est mené sans préparation. Pourtant, un manager qui a pris le temps d’observer son agent et de recueillir les retours des clients proposera un échange bien plus riche et utile.

Transformer les évaluations en plans d’action concrets

L’évaluation n’a d’intérêt que si elle débouche sur des actions :

  • Des formations ciblées : inutile de former tous les agents à la même chose si certains sont déjà experts et d’autres débutants.

  • Des parcours d’évolution interne : un agent expérimenté et motivé peut devenir chef d’équipe.

  • Des ajustements d’organisation ou de matériel : parfois, les écarts constatés viennent d’outils inadaptés plutôt que de lacunes humaines.

Cela suppose une vraie volonté de la direction de faire des ressources humaines un levier de performance, et pas seulement un centre de coût.

Renforcer la motivation et l’engagement des salariés

Un salarié évalué, écouté et accompagné est plus impliqué. Dans un secteur où les salaires sont bas et les conditions parfois difficiles, la reconnaissance des compétences devient un facteur clé de fidélisation.

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